Votre chien croise un congénère et c’est presque toujours la même chose : il tire sur sa laisse, aboie et devient difficile à gérer. On peut vite penser qu’il n’aime pas les autres chiens ou qu’il est agressif. Pourtant, ce n’est pas forcément le cas.
Un chien peut réagir parce qu’il a peur, parce qu’il est frustré de ne pas pouvoir aller voir l’autre chien ou simplement parce qu’il monte très vite en excitation. La distance joue aussi beaucoup. Même la laisse peut avoir une influence sur sa façon de réagir.
Deux chiens peuvent donc avoir exactement la même réaction alors que ce qui se passe derrière est complètement différent. Et forcément, le travail à mettre en place ne sera pas le même. Pour comprendre la réactivité envers les autres chiens, il faut s’intéresser aux aboiements, mais surtout à ce qui les provoque.
Un chien qui aboie sur les autres chiens est-il forcément agressif ?
Non. Les aboiements nous montrent que le chien réagit, mais ils ne nous disent pas directement pourquoi.
Prenons deux chiens qui aperçoivent un congénère à quelques mètres. Tous les deux tirent sur leur laisse et aboient. Le premier n’est pas à l’aise. Il aimerait que l’autre reste loin de lui et cherche donc à augmenter la distance.
Le second adore rencontrer des chiens. Il veut aller le voir mais sa laisse l’en empêche. Il insiste et commence à s’énerver. Plus il est retenu, plus la frustration monte.
De l’extérieur, les deux réactions se ressemblent. Pourtant, les raisons qui poussent ces deux chiens à aboyer n’ont rien à voir.
La peur et la frustration ne sont d’ailleurs pas les seules explications possibles. Certains chiens montent très vite en excitation. D’autres ont vécu une mauvaise expérience avec un congénère. Le comportement peut aussi s’être installé progressivement au fil des rencontres.
Le mot « agressif » ne suffit donc pas pour expliquer ce type de réaction.
Pourquoi la laisse et la distance changent-elles autant la réaction ?
Certains chiens sont plutôt à l’aise avec leurs congénères lorsqu’ils sont libres mais réagissent davantage lorsqu’ils sont attachés. La laisse limite forcément leurs possibilités.
Un chien libre peut choisir de s’écarter s’il n’est pas à l’aise. Il peut ralentir ou contourner l’autre plutôt que de le croiser de face. Avec une laisse courte, il n’a pas toujours ces possibilités.
Il y a aussi notre propre réaction. On aperçoit un chien au loin et on sait déjà que le nôtre risque d’aboyer. Presque automatiquement, on raccourcit la laisse et on la tient plus fermement. Le chien se retrouve davantage contraint au moment où la situation devient justement compliquée pour lui.
La distance compte tout autant. À trente mètres, votre chien peut regarder son congénère tout en restant disponible. À quinze mètres, son corps commence peut-être à se tendre. À cinq mètres, il tire et aboie.
Il existe souvent une distance à partir de laquelle la situation devient trop difficile à gérer pour le chien. Elle varie selon l’environnement, le congénère rencontré et l’état du chien à ce moment-là.
La laisse n’est donc pas forcément responsable du problème. Elle peut toutefois accentuer une difficulté déjà présente.
Les aboiements commencent bien avant le premier « wouaf »
C’est probablement l’un des points les plus importants à comprendre. Quand un chien aboie et tire, on remarque surtout la réaction finale. Pourtant, il s’est souvent passé plusieurs choses juste avant.
Votre chien peut commencer à fixer l’autre. Son corps devient plus raide. Il arrête de renifler et son attention se porte presque entièrement sur le congénère. Petit à petit, il devient de moins en moins disponible.
C’est souvent à ce moment-là qu’on lui demande de s’asseoir ou qu’on répète son prénom. Pourtant, il n’a pas oublié ce qu’il connaît. Il est simplement trop focalisé sur la situation pour répondre comme il le ferait dans un environnement calme.
Un chien peut donc parfaitement connaître le rappel, le « assis » ou la marche au pied et rester en difficulté face à un congénère. L’obéissance seule ne règle pas toujours un problème de réactivité.
Ces premiers signes sont précieux. Plus on les repère tôt, plus on peut agir avant que le chien se retrouve au bout de sa laisse en train d’aboyer.
Comment réagir et travailler avec un chien réactif ?
On entend parfois qu’un chien qui réagit doit rencontrer davantage de congénères pour « s’habituer ». Ce n’est pas aussi simple.
Si votre chien commence déjà à se tendre à quinze mètres, une rencontre directe à deux mètres risque surtout de le mettre encore plus en difficulté. Si ce scénario se répète, les rencontres peuvent devenir de plus en plus négatives pour lui.
La socialisation du chien ne veut pas dire qu’il doit jouer ou entrer en contact avec tous les chiens qu’il croise. Il peut aussi apprendre à voir un congénère et continuer tranquillement son chemin.
La distance devient alors un véritable outil. Si un croisement semble trop difficile, changer de trottoir peut être une bonne décision. Cela permet d’éviter une nouvelle grosse réaction et de replacer le chien dans une situation qu’il peut gérer.
Le travail dépend ensuite de l’origine du comportement. Un chien inquiet aura besoin de retrouver davantage de sécurité. Un chien frustré devra apprendre qu’il ne peut pas aller voir tous ses congénères. Chez un chien très excité, la gestion des émotions aura une place importante.
Il n’existe donc pas une technique unique qui fonctionne avec tous les chiens. Il faut d’abord comprendre le comportement pour savoir quoi travailler.
Quand faire appel à un éducateur comportementaliste canin ?
Lorsque votre chien réagit à presque chaque rencontre, que les aboiements deviennent plus importants ou que les croisements sont de plus en plus compliqués, un regard extérieur peut vraiment aider.
Avec DG Educ, je regarde d’abord ce qui se passe avant, pendant et après la réaction. À quelle distance le chien commence-t-il à changer ? Fixe-t-il son congénère ? Cherche-t-il à avancer ou à s’éloigner ? La laisse a-t-elle une influence ? Réagit-il de la même manière avec tous les chiens ?
Ces informations permettent de comprendre ce qui pose réellement problème et d’adapter le travail.
Le but n’est pas que votre chien devienne ami avec tous les chiens du quartier. Il doit surtout pouvoir croiser ses congénères sans que chaque rencontre se transforme en grosse réaction.
Avec un travail adapté et progressif, les croisements peuvent devenir beaucoup plus faciles à gérer. Je vous accompagne donc pour comprendre l’origine du comportement de votre chien et travailler sur les difficultés qu’il rencontre réellement au quotidien.